Museum d'histoire naturelle de
Marseille
Palais Longchamp - Aile droite
Exposition [ "Plante et santé" ] >>>
Sur le thème «Plante et santé», cette exposition est réalisée en collaboration avec
le Lycée Marcel Pagnol.

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Des molécules
utiles aux plantes ?

Les substances actives sont fabriquées par les plantes à fleurs, soit pour leur protection soit pour leur reproduction ou celle des insectes.


Ces substances sont des métabolites secondaires
Un métabolite est le produit de la transformation d'une substance de l'organisme. Le glucose est un métabolite primaire : il est issu de la dégradation de l'amidon et c'est l'une des principales sources de notre énergie.
En revanche, la nicotine est un métabolite secondaire issu de la dégradation d'une molécule indispensable à la Photosynthèse, donc à la vie des plantes vertes. Mais cette nicotine n'est pas directement utile pour la survie du plant de tabac. En outre, la nicotine n'est présente que chez des plantes à fleurs, évoluées : ceci est un indice.

Même le Taxol issu de l'If est un métabolite secondaire ! C'est le dérivé d'une molécule nécessaire à la synthèse des membranes des cellules et de certains pigments de la photosynthèse.

Mais à quoi servent, pour la plante, ces métabolites dits secondaires ?

Ces molécules sont le fruit de l'évolution
Ces substances sont d'autant plus fréquentes et diversifiées qu'on les extrait de végétaux évolués.
Par exemple la Vindoline (de la
« pervenche » de Madagascar), est l'un des alcaloïdes mixtes très complexes. Ces substances nécessitent des gènes particuliers aux plantes à fleurs à pétales soudés qui sont évoluées et récentes
(60 millions d'années).

Une coopération entre êtres vivants
Ces métabolites secondaires sont le reflet de la vie d'un écosystème : ils participent à la régulation de la démographie des plantes entre elles, ou des animaux qui établissent des relations avec les plantes. On distingue deux sortes de relations dites durables :
- pour la protection d'une espèce végétale contre un consommateur ou un parasite. On parlera d'opposition. Les pyrethrines rentrent dans cette catégorie.
- pour la collaboration des espèces entre-elles, on parlera de coopération.


Des molécules actives pour se protéger:
l?opposition
Les tanins et la plupart des alcaloides (comme l'atropine de la belladone) découragent les consommateurs et sont même toxiques pour l'herbivore.
Les feuilles du noyer produisent un glucoside phénolique qui se transforme en Juglone dans le sol. Cette dernière est un puissant « désherbant » qui élimine les plantes alentour. On emploie le terme de télétoxie pour ce type d'opposition. Lorsque la plante est attaquée par un agresseur (souvent un champignon), ses tissus produisent des substances nommées phytoalexines qui empêchent le parasite de se développer.

Parmi les insecticides naturellement produits par les plantes, les substances phototoxiques, proviennent de la transformation, à la lumière, de molécules quasi-inoffensives. C'est le cas de l'Hypericine du millepertuis.

Attirer pour se reproduire : la coopération

Beaucoup de composés aromatiques comme la vanilline, de nombreux terpènes présents chez la famille du thym, ont pour fonction d'attirer chimiquement les insectes fécondants.

Les flavonoïdes, illustrent l'évolution puisqu'ils ne sont diversifiés que chez les plantes à fleurs. Ils illustrent aussi la coopération plantes - insectes car ils attirent les pollinisateurs par leurs couleurs vives. En outre ils protègent la plante contre les UV.

Des alcaloïdes comme la sénécionine, sont consommés par
certaines chenilles et permettent au papillon sexué de fabriquer des phéromones : substances attractives entre mâles et femelles.
C'est aussi une coopération
plante-insecte.

Des travaux récents tendraient à prouver que la coopération entre plantes existe également dans le domaine de la nutrition (substances d'alerte ou nutritives émises par les racines ou par les feuilles et entraînées par les pluies).


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